L’économie collaborative n’est ni sociale ni solidaire

Sous couvert de bonnes intentions, l’économie collaborative ne fait que mettre en œuvre son idéal mercantile. Or, elle fait de l’ombre à l’économie sociale et solidaire sur le terrain des valeurs.

Auteur : Mathias Thepot

L’économie collaborative n’a pas toutes les vertus qu’on lui prête souvent. Cette économie de services à la demande à travers des plateformes d’intermédiation numérique cache en réalité un idéal principalement mercantile, bien éloigné des notions d’intérêt général induites par le terme « collaboratif ». « Il y a une certaine confusion de langage subtilement entretenue », dénonce dans une interview très intéressante à Rue 89 Hugues Sibille, le président de Labo de l’économie sociale et solidaire. « Les gens utilisent de manière synonyme, économie collaborative, économie du partage et économie sociale et solidaire.
C’est une erreur : ce ne sont pas les mêmes finalités
», ajoute-t-il.

Pas les mêmes principes
L’ancien vice-président du Crédit coopératif n’a pas tort. De son côté, l’économie sociale et solidaire (ESS), qui pèserait 10 % du PIB français, inclut principalement des entreprises s’imposant des principes de gouvernance démocratique, de lucrativité limitée, et de réinvestissement des bénéficies en interne, sans distribuer de dividendes. Par ailleurs, ces entreprises tentent en priorité de répondre à des besoins fondamentaux que sont l’éducation, la santé, l’emploi et l’environnement.

Or le moins que l’on puisse dire, c’est que les principales sociétés qui constituent l’économie collaborative ne répondent pas à ces principes, malgré une volonté exacerbée de le faire croire. « L’économie collaborative peut avoir pour but le profit et générer des entreprises capitalistes classiques. C’est le cas des plus populaires et des plus grandes aujourd’hui, Airbnb, Uber et Blablacar », note Hugues Sibille dans son interview à Rue89. Elles font pleinement partie de l’économie de marché. « Il faut se rappeler que la finalité d’Airbnb n’est pas de mettre en relation un jeune Parisien et un jeune New-Yorkais. Sa finalité, c’est de gagner du fric », rappelle Hugues Sibille. Elles sont d’ailleurs valorisées par le marché à des montants astronomiques. Pour reprendre les trois sociétés citées, Airbnb est valorisée par le monde des affaires 25 milliards de dollars, Uber 50 milliards de dollars et BlaBlaCar 1,6 milliard.

Générateur d’inégalités
D’un point de vue moral, l’économie collaborative a même plutôt tendance à accroître la rentabilisation du capital, comme Airbnb, et donc à alimenter les inégalités patrimoniales. Ce qui éloigne définitivement cette économie de tout idéal social. Et au-delà du nouveau service qu’elles rendent aux clients, « ces entreprises investissent très peu. Airbnb ne met pas un euro pour investir dans un appartement, ou Uber dans une voiture. S’il y a création de valeur, elle est limitée », regrette Hugues Sibille.

Autrement dit, l’économie collaborative d’aujourd’hui, ce sont davantage des entrepreneurs qui ont parfaitement compris l’apport de l’outil numérique pour améliorer le service client. Ces plateformes jouent un rôle d’intermédiaire accéléré, et perçoivent des commissions pour cela. Elles révolutionnent leur secteur, certes, mais pas les rapports humains. « Faire partie de la communauté des « hôtes » Airbnb, c’est comme être client de Leroy Merlin avec une carte de fidélité, rien de plus », explique aussi Hugues Sibille…… Accéder à l’intégralité de cet article sur : La Tribune, 8 janvier 2016

 

Tesla, SpaceX, Hyperloop et colonisation de Mars

Mais qui est donc l’homme le plus riche de la Silicon Valley ?
Avec une fortune estimée à 11 milliards de dollars, Elon Musk, patron visionnaire, déjanté et tyrannique, est devenu l’homme clé de l’économie numérique.

Né en 1971 en Afrique du Sud, en plein Apartheid, il aurait mené avec son père une vie rugueuse après le divorce de ses parents.
En 1999, il cofonde X.com, un service de banque en ligne à l’origine de Paypal qui sera vendu en 2002 à ebay pour un montant de 1,5 milliard de dollars.
La même année, Elon Musk fondait SpaceX dont il est toujours aujourd’hui encore à la fois CEO et CTO. Après plusieurs échecs et des prises de risque maximales, la société SpaceX, au bord de la faillite en 2008, remporte cette année-là un appel d’offres de la NASA pour approvisionner la Station spatiale internationale, à tel point qu’en ce début 2016, la fusée réutilisable de SpaceX pourrait remettre en cause le projet Ariane 6 (Lire l’article de Challenges du 05/01/16.

Rentré dans le capital de Tesla Motors en 2004, Elon Musk dirige la société depuis 2008 : le célèbre constructeur des véhicules électriques préférés des millionnaires dont le siège est basé à Palo Alto en pleine Silicon Valley a vu le cours de son action plus que décupler en à peine 4 ans. En 2015, Tesla se diversifie en proposant une batterie destinée aux habitations permettant de remédier à l’intermittence des énergies renouvelables en achetant l’électricité principalement aux heures creuses et de disposer d’une alimentation de réserve. Powerball fait ainsi le lien avec une autre société d’Elon Musk, Solar City, fabriquant et commercialisant des cellules photovoltaïques.

Mais le nom d’Elon Musk est également associé aux transports du futur. Avec Hyperloop, un projet de recherche engagé en 2013, Elon Musk ambitionne de révolutionner la mobilité. Hyperloop se présente sous forme d’un double tube surélevé dans lequel se déplacent des capsules. L’intérieur du tube est sous basse pression tandis que les capsules se déplacent sur un coussin d’air généré à travers de multiples ouvertures et sont propulsées par un champ magnétique généré par des moteurs à induction placés à intervalles réguliers à l’intérieur des tubes. En théorie, il serait ainsi possible de relier le centre de Los Angeles au centre de San Francisco en moins de 30 minutes, ce qui représente une distance de 551 kilomètres à plus de 1 102 km/h, soit plus rapidement qu’en avion.
Elon Musk imagine même rendre le système auto-suffisant en plaçant des panneaux solaires sur les tubes, voire générer un surplus d’énergie si l’Hyperloop consomme moins que l’électricité accumulée.

Place à la spéculation : l’ambition d’Elon Musk est sans limite. Le milliardaire américain ambitionne de devenir le leader des transports spatiaux privés en établissant des vols réguliers entre la Terre et Mars, espacés de quelques semaines, en misant sur des fusées réutilisables en guise de navette. Et Musk ne se contente pas de vouloir « visiter » Mars, il rêve d’y installer une colonie permanente de 80 000 personnes, dans un premier temps. La question de l’approvisionnement en eau sera centrale, alors que la ressource n’est a priori présente que sous forme de glace, en quantités limitées. Bref, Mars reste un rêve mais Elon Musk place ses pions un à un pour le réaliser.

Crédit photo cover : Creative Commons / www.geteverwise.com

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