Comment transformer la ville à partir des usages ?

Du 1er au 3 juillet dernier, le séminaire international de La Fabrique de la Cité à Berlin, fut l’occasion de décrypter un certain nombre d’initiatives menées aussi bien dans la capitale allemande que dans d’autres pays européens et américains pour transformer la ville au plus près des attentes des citadins.

Berlin constitue évidemment un terreau fertile pour les acteurs urbains. Chacun connaît son image de ville attractive pour les artistes et les créatifs. On sait moins que Berlin connaît un renouveau démographique non négligeable, qu’elle accueille de nombreux lieux d’innovation et d’accélération pour les start-up, qu’elle a développé une culture du travail collaboratif qui se manifeste en particulier dans les projets urbains, appliquant la méthode du design thinking aux projets de rénovation urbaine. Ce séminaire international examinera également le potentiel de l’explosion des données urbaines (urban data) dans la transformation citoyenne des villes.

Berlin, capitale du « do it together »
La culture du « faire ensemble » est très ancrée à Berlin, en raison notamment du grand nombre d’ espaces encore disponibles dans la ville.
« Friches, zones de frottement, espaces inachevés… Autant de mots qui définissent historiquement la culture de Berlin, sa carte mentale, qu’elle entretient encore aujourd’hui », explique l’architecte Finn Geipel. Des espaces utilisés de manière temporaire pour divers projets de réaménagement urbain.
L’exemple de la reconversion de l’aéroport de Tempelhof est, à ce titre, éclairant. Transformé en parc après sa fermeture en 2008, ce site aurait pu accueillir des bureaux, des logements ainsi qu’une nouvelle bibliothèque. Mais en 2014, un référendum d’initiative populaire a condamné toute nouvelle construction sur le site. Les Berlinois ont préféré utiliser cet immense espace en plein cœur de la ville pour d’autres activités : festivals, pratiques sportives ou potagers communautaires.

Autre exemple emblématique de la culture « do it together » de Berlin : le phénomène des Baugruppen. En réaction à la hausse des loyers, des citoyens s’associent sous une forme associative ou coopérative pour devenir les maîtres d’ouvrage de leur projet immobilier collectif. Une approche bottom-up qui permet de réduire les coûts, de créer de la cohésion sociale, et qui s’avère « parfaitement adaptée aux espaces interstitiels de la ville, trop petits pour intéresser les promoteurs immobiliers » selon Finn Geipel.

« La grande force de Berlin, c’est d’être une ville faite par les gens et pour les gens », résume Laurence Comparat, adjointe à la mairie de Grenoble en charge de l’open data et des logiciels libres. Mais si les Berlinois parviennent à « faire eux-mêmes » leur ville, c’est aussi grâce à la bienveillance des autorités locales, qui promeuvent l’initiative citoyenne et lui reconnaissent une vraie légitimité dans le débat public sur le développement de la ville.

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Crédit photo : Erik Borälv / Berlin Prinzessinnengarten

Le Prinzessinnengarten, un jardin urbain
Au bord du rond-point de Moritzplatz, dans le creux d’une rangée d’immeubles, le grillage feuillu est le premier indice du trésor caché dans ce quartier pas très sexy de Berlin : un jardin ! Avec des potagers rangés en allées de tomates, de concombre et de carottes, des arbres fruitiers parsemés de sceaux bleus et de brouettes, des fleurs élancées sur leur tige, une petite serre, un système élaboré d’irrigation et d’arrosage, des arbres serrés les uns contre les autres pour se réchauffer, un hamac fainéant qui se balance au gré du vent, des bancs en bois, des cabanes pour les enfants…
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