La créativité des rappeurs

Comment fonctionne le processus créatif ? Quelles zones du cerveau sont activées ou au contraire inhibées ? Des neuroscientifiques ont étudié l’activité cérébrale de rappeurs en phase d’improvisation.

D’après eux, l’absence de filtre cérébral observée permettrait « à de nouvelles connexions, idées et associations d’apparaître.

La science cherche depuis longtemps à percer les mystères de la créativité. Des neuroscientifiques de l’Institut national sur la surdité et les désordres de la communication, au Maryland, se sont penchés sur un cas bien précis: l’improvisation libre dans le rap. L’exercice, très prisé chez les amateurs de hip-hop, consiste à inventer des rimes au fur et à mesure qu’on les déclame sur un rythme donné (appelé «beat»).

Les chercheurs ont donc soumis 12 rappeurs – ayant au moins 5 ans d’expérience – à des IRM cérébrales. Les sujets, équipés d’écouteurs diffusant une musique instrumentale sur 8 mesures, devaient alors rapper successivement un texte appris par cœur et des rimes improvisées. En phase d’improvisation, les rappeurs ont présenté une augmentation de l’activité dans le cortex préfrontal médian, une zone du cerveau qui semble gérer l’intuition. Deux autres zones étaient au contraire inhibées, le cortex gérant la censure et celui gérant la planification des tâches.

Les rappeurs sont alors dans un état de « complète immersion dans le processus créatif », écrivent les chercheurs. L’absence apparente de filtre cérébral permettrait à « de nouvelles connexions, idées et associations d’apparaître plus naturellement sans être réprimées », pense le Dr Braun. L’équipe confirme ainsi des résultats déjà observés en 2007 chez des musiciens de jazz.

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