Victoire d’Obama et Big Data

On ne parle que de Big Data.
Or, la notion de Big Data est complexe et risque de créer des résistances chez les décideurs.
Pourtant, des cas concrets d’utilisation des Big Data existent.
Revenons ainsi sur l’histoire de la victoire d’Obama, un magnifique exemple de micro-ciblage.

Source : Journal du Net / Chronique de Henri Ruet

Souvenez-vous : le Web social, Facebook, le message de victoire le plus retweeté de l’histoire… Après la victoire d’Obama, on pensait que tout avait été dit ou presque.

Quel a donc été l’enseignement majeur de ces élections au plan digital ? L’usage massif des réseaux sociaux ? L’utilisation des dispositifs digitaux en mobilité ? L’interrelation du digital avec « la vraie vie » ? La géolocalisation ? La plupart de ces leviers ont déjà prouvé leur efficacité lors des élections de 2008 notamment en matière de crowdfunding, de buzz et de viralité.
Avec un minimum de recul, il est clair que cette élection a inauguré l’An Un du retraitement de masse de données numériques interconnectées; à savoir l’apparition de la Big Data comme levier d’action majeur appliqué à des élections.

Le digital, et en particulier le Big Data, ont constitué le cœur du dispositif de campagne d’Obama.
Comment ? En agrégeant le maximum de données issues d’horizons différents, puis en réinjectant de l’intelligence en les interconnectant dans l’optique d’augmenter le rendement des opérations de recrutement de nouveaux votants. En clair, utiliser de la masse de données au service du micro-ciblage local.

Le Digital Data Task force d’Obama repose sur 3 piliers de données dont 2 quantitatifs :

1. Agrégation de données sociodémographiques et nominatives sur une base géographique : disponibles dans le cadre du projet Open Data Gov ;

2.Corrélations prédictive des votes en fonction de l’historique de résultats électifs précédents par zone géographique : données aussi disponibles publiquement ;

3. Corrélations avec les sondages d’opinion et les études ad hoc réalisés afin de connaître les thèmes de « bascule » propres à influencer le vote des électeurs indéterminés en fonction des zones d’habitat.

Ainsi dans un état traditionnellement conservateur, mettre en avant les arguments Désendettement-Isolationnisme feront plus lever les oreilles que l’évocation du Programme de Santé d’Obama…
En fonction de ce mash-up de données obtenu en interconnectant diverses sources et en les mettant en relation (modèle : bases de données type NoSQL, APIs d’interpolation et de traitement de masse de données) avec à la clé la construction d’un algorithme ad hoc comportant des règles de filtrage territorial, de scoring en fonction des profils de votants-habitants, il devient plus facile aux militants de savoir exactement où et à qui s’adresser, dans quelle maison au sein de quel quartier de tel état, avec quels revenus et quelles préoccupations prédominantes.
Bienvenue dans l’ère du Nanotargeting !

© 2020 A MarketPress.com Theme